Le nombre de rhinocéros et d’éléphants a tristement chuté au cours de ces cinq dernières années. La raison ? Le braconnage. En effet, la corne de rhinocéros est convoitée pour ses vertus aphrodisiaques et les défenses d’éléphant pour leur ivoire. La corne de rhinocéros sert également à la fabrication d’objets d’art qui se revendent à prix d’or. En 2010, une corne en forme de barque avait été cédée pour la somme de 3 millions de dollars chez Christie’s, la société de vente aux enchères basée à Londres. En 2015, près de 1300 mammifères ont été victimes du braconnage. Selon les faits, le commerce des cornes a été réautorisé en 2015 bien que celui-ci soit banni à l’échelle internationale depuis 1977 par la convention sur le commerce d’espèces sauvages menacées.

On trouve en Afrique un trafic tentaculaire concernant le braconnage. Des pays comme l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Nigéria ont des réseaux très sophistiqués de braconniers qui détiennent des connexions dans le monde entier. Le Zimbabwe encaisse près de 14 millions de dollars chaque année grâce à la chasse aux éléphants. Ces revenus vont contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations locales et de façon ironique, à soutenir les programmes de conservation. De riches touristes n’hésitent pas à dépenser jusqu’à 100 000 dollars pour un safari, incluant des permis de chasse pour les gros gibiers (léopard, buffle, éléphants, rhinocéros, lion etc). Ceci fut le cas lorsque le lion Cécil a été abattu par un riche dentiste passionné par la chasse et qui a dépensé aux alentours de 50 000 dollars pour ce safari meurtrier.

Malheureusement pour ces pays qui doivent gérer les braconniers, une nouvelle menace vient s’ajouter à celle-ci : Boko Haram. Affaiblis par leur dernière offensive militaire, ils utilisent la réserve de Yankari au Nigéria pour se cacher. Les rangers doivent redoubler d’efforts pour protéger ces éléphants s’ils veulent éviter que leur ivoire devienne source de revenus pour le groupe islamiste.

Les récentes études ont démontré que le nombre d’animaux abattus dépasse le nombre de naissances, menaçant ainsi plusieurs espèces en voie d’extinction comme les rhinocéros noirs d’Afrique et bien d’autres. Preuve que la lutte contre le braconnage et le commerce illégal des espèces sauvages n’est pas suffisante, mais également que les autorités de défenses des animaux, ainsi que les gouvernements manquent de ressources pour faire face à ces menaces.